Pour la première fois, un drone effectuant des missions de surveillance au-dessus de la mer du Nord opère depuis la Belgique. Ce drone est mis à la disposition de la garde côtière belge pour la troisième année consécutive dans le cadre de la Multipurpose Maritime Operation (MMO).

Pour la troisième année consécutive, la garde côtière belge participe à la Multipurpose Maritime Operation (MMO) de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA). L’Agence européenne de contrôle des pêches (EFCA) et Frontex soutiennent également cette opération. Outre la Belgique et la France, les Pays-Bas participent cette année pour la première fois à la coopération.
Dans le cadre de cette opération maritime internationale, l’EMSA met un drone à la disposition des pays participants. La nouveauté cette année est que ce drone RPAS (Remotely Piloted Aircraft System) opère depuis la Belgique jusqu’à la mi-juillet, ce qui augmente considérablement sa capacité opérationnelle. Le drone décolle depuis la base militaire de Lombardsijde, où une base opérationnelle temporaire a spécialement été aménagée pour cette mission. Lors des deux précédentes éditions de la MMO, le drone opérait exclusivement depuis le CROSS Gris-Nez, en France.
« Grâce à cette technologie, il est possible d’intervenir plus rapidement et de manière plus ciblée dans l’une des zones maritimes les plus fréquentées et les plus sensibles d’Europe », déclare Nathalie Balcaen, présidente de la garde côtière et administratrice générale de l’Agence flamande « agentschap Maritieme Dienstverlening en Kust ».

Multifonctionnel
En mer du Nord, des règles strictes s’appliquent. Les navires doivent respecter les règles internationales de navigation maritime afin de garantir un trafic sûr et ordonné. Certaines zones, comme les parcs éoliens, sont par ailleurs interdites d’accès. Le drone permet également de détecter efficacement la pêche illégale, le trafic de migrants et la transmigration par voie maritime, les navires ne utilisant pas le système d’identification AIS obligatoire, les pollutions marines causées par des incidents de navigation ainsi que d’autres infractions à la réglementation maritime ou environnementale, afin de permettre des interventions plus ciblées. Le drone peut aussi être utilisé pour soutenir les opérations de recherche et de sauvetage en mer ainsi que des recherches scientifiques.
Selon l’amiral Tanguy Botman, commandant de la marine belge, le drone RPAS présente plusieurs avantages importants : « Le drone peut être déployé rapidement, couvre une zone beaucoup plus vaste qu’un navire de patrouille et fournit des images d’une grande précision. » Ces images sont transmises en temps réel à l’opérateur et aux centres de la garde côtière, permettant une réaction plus rapide et plus efficace. À terme, l’ambition est de recourir de manière permanente à ce type de surveillance maritime. (Exemple d’images capturées par le drone RPAS dans la vidéo ci-dessous.)
Outre le drone aérien, les agences européennes mettent également à disposition un drone sous-marin. Celui-ci peut notamment être utilisé pour repérer des câbles de télécommunication inutilisés et contribuer à leur enlèvement. Le drone permet également de cartographier avec précision des ancres perdues et des épaves.
Complémentaire
Le programme de surveillance aérienne du service scientifique « Unité de gestion du modèle mathématique de la mer du Nord » de l’Institut des Sciences naturelles suivra le déploiement du RPAS en tant qu’outil complémentaire destiné à renforcer la surveillance aérienne habitée existante au-dessus de la mer du Nord.
Les RPAS déployés dans le cadre de la MMO soutiennent cette mission en permettant des vérifications ciblées, des observations d’incidents et une surveillance environnementale. À bord de l’avion des garde-côtes belges, l’équipe de surveillance aérienne suit notamment des dossiers liés à d’éventuelles pollutions marines, à des phénomènes océanographiques tels que les proliférations d’algues et l’observation de mammifères marins, à la vérification des alertes satellitaires CleanSeaNet ainsi qu’à des incidents entraînant une pollution.
La combinaison de moyens aériens habités et non habités renforce l’efficacité, la continuité et la pérennité de la surveillance maritime belge.

La garde côtière belge constitue une structure de coopération entre les services publics fédéraux et flamands compétents en mer, coordonnée depuis le Coast Guard Centre. Leur fonctionnement repose sur deux piliers : la sécurité (security), coordonnée par le Maritime Information Crossroads (MIK), et l’assistance et le sauvetage (safety), coordonnés par le Centre maritime de secours et de coordination (MRCC).

