Du 11 mai au 11 septembre 2026, les autorités nationales de Belgique, de France et des Pays-Bas ont collaboré avec l’Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA), l’Agence européenne de contrôle des pêches (EFCA) et l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) dans l’une des zones maritimes les plus fréquentées d’Europe. Les Pays-Bas et Frontex participaient pour la première fois à cette opération en 2026. Ensemble, les partenaires ont travaillé sur neuf missions de garde-côtes et plus de trente cas d’usage concrets.

Le 16 octobre, les partenaires se sont réunis à Bruxelles pour évaluer cette opération maritime polyvalente (Multipurpose Maritime Operation – MMO) 2026 en Manche et dans le sud de la mer du Nord et pour envisager les opérations futures. Cette réunion était organisée par la Direction générale de la Navigation du Service public fédéral Mobilité et Transports, en étroite collaboration avec l’EMSA.
Une vision maritime partagée
L’opération reposait essentiellement sur une surveillance conjointe et continue des activités en mer. Durant ses quatre mois, près de 70 000 navires différents ont été détectés dans la zone d’intervention. Par ailleurs, environ 44 000 escales ont été enregistrées via SafeSeaNet dans les ports néerlandais, français et belges.
Via le tableau de bord de cette opération de surveillance maritime, les autorités participantes ont partagé 893 événements opérationnels, notamment la surveillance maritime, le contrôle des pêches, le contrôle des frontières, les opérations de recherche et de sauvetage, la lutte contre les trafics, la protection de l’environnement et la sécurité maritime.
Huit centres de coordination ont participé à l’opération, le Centre européen de surveillance maritime de l’EMSA assurant la coordination de la MMO.
Nathalie Balcaen, directrice générale de l’Agence des Services maritimes et de la Côte (MDK), a souligné l’importance de la coopération internationale pour la sécurité de la navigation et l’amélioration de la surveillance maritime en mer du Nord. Selon elle, ces objectifs ne peuvent être atteints que grâce à une étroite coopération transfrontalière et au déploiement des technologies les plus récentes.

Services européens mis à disposition
Durant l’opération, l’EMSA a fourni :
- Integrated Maritime Services : une image maritime quasi en temps réel combinant plusieurs sources d’information.
- CleanSeaNet : 232 images satellitaires pour la surveillance de la pollution.
- RPAS (drones) : 125 vols depuis la côte belge, représentant 444 heures de vol.
- Services sous-marins : utilisation de véhicules télécommandés pour des inspections d’épaves, de câbles et d’infrastructures portuaires.
- Formations : activités de formation adaptées aux besoins de l’opération.

Exercices et entraînements
Outre les activités opérationnelles, des sessions de formation conjointes ont également été organisées.
En juin, des représentants de douze États membres ont participé à une formation sur les équipements de lutte contre les déversements d’hydrocarbures à Werkendam (Pays-Bas). L’exercice POLEX 2026 s’est également déroulé au large de Zeebrugge, permettant de tester la coopération transfrontalière lors d’une simulation de déversement d’hydrocarbures.
En septembre, SARex 2026 a réuni des partenaires opérationnels de Belgique, de France et des Pays-Bas pour un exercice de recherche et de sauvetage de grande envergure simulant un accident maritime impliquant 28 personnes.
Du 24 au 26 août, l’EMSA a organisé conjointement avec la France l’exercice CISE 2026 afin de tester le service opérationnel « Navire d’intérêt » pour l’échange d’informations sur les navires sanctionnés.
Perspectives
S’appuyant sur l’expérience de 2026, les participants ont discuté de diverses priorités pour les opérations futures, notamment une implication plus précoce des autorités nationales dans la planification, des exercices couvrant un plus large éventail de scénarios et un déploiement plus ciblé des ressources là où elles sont le plus nécessaires.
Les autorités participantes ont déjà manifesté leur intérêt pour une nouvelle opération en 2027.
Autorités participantes
Belgique
- Agence des Services maritimes et de la Côte (MDK); Marine belge; Agence de l’Agriculture et de la Pêche; Service scientifique UGMM (Institut des Sciences naturelles); Direction générale Environnement; Direction générale Navigation; Police maritime et fluviale
France
- Secrétariat général de la Mer (SGMer); Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord; Marine nationale (DGAMPA)
Pays-Bas
- Garde-côtes néerlandaise; Inspection de l’environnement et des transports (ILT)
Agences européennes
EMSA; EFCA; Frontex
