Événement en ligne ‘Impact environnemental des parcs éoliens offshore’

WinMon.BE @ at ULg Colloquium, Mardi 18 mai 2021

WinMon.BE, le programme belge de surveillance environnementale des parcs éoliens offshore, a débuté en 2008 et est coordonné par l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB). L’IRSNB et les partenaires de WinMon.BE, à savoir l’INBO (Institut de recherche pour la nature et la forêt), l’ILVO (Institut flamand de recherche pour l’agriculture, la pêche et l’alimentation) et Marbiol (Groupe de recherche en biologie marine de l’Université de Gand), évaluent l’étendue des impacts prévus des parcs éoliens offshore sur l’écosystème marin et visent à révéler les processus à l’origine de ces impacts.

Le 18 mai, de 9h00 à 12h00, le consortium WinMon.BE organise un événement pour partager et discuter les résultats du programme de surveillance. Ce symposium est organisé en marge du 52e « Liège Colloquium on Ocean Dynamics » (Towards an understanding and assessment of human impact on coastal marine environments, du 17 au 21 mai 2021 ; http://labos.ulg.ac.be/gher/home/colloquium/colloquium-2021/), et se déroulera en anglais.

Les conclusions du programme WinMon.BE seront présentées, suivies d’une discussion en panel. Au cours de la discussion, une attention particulière sera accordée à l’interaction entre science, gestion et politique, afin de déterminer la meilleure façon de parvenir à une mise en œuvre respectueuse de l’environnement et à une gestion des énergies renouvelables fondée sur les écosystèmes. Cette session est gratuite et s’adresse aux scientifiques, aux industriels, aux gestionnaires et aux décideurs politiques.

Programme (en anglais):

  • 9:00 – 9:05: Welcome (Vincent Van Quickenborne – Minister of North Sea)
  • 9:05 – 9:15: Introduction ‘setting the scene’ (Brigitte Lauwaert – RBINS)
  • 9:15 – 9:40: Introductory keynote: ‘Using a decade of WinMon.BE results to plan for the future’ (Steven Degraer – RBINS)
  • 9:40 – 9:50: ‘Mytilisation / slimeification of the hard substrate fauna: the importance of long-term datasets for environmental impact assessment’ (Mirta Zupan – RBINS)
  • 9:50 – 10:00: ‘Evolution of piling activities because of increasing insights in associated effects’ (Bob Rumes – RBINS)
  • 10:00 – 10:10: ‘Innovative approaches and updated survey strategy to assess the impact of OWFs on seabirds’ (Eric Stienen / Nicolas Vanermen – INBO)
  • 10:10 – 10:25: Q&A
  • 10:25 – 10:35: break
  • 10:35 – 10:45: ‘Possible conflicts between wind energy at sea and nature conservation’ (Annelies De Backer – ILVO)
  • 10:45 – 10:55: ‘Functioning of the benthic ecosystem: organic enrichment and biogeochemical cycling’ (Ulrike Braeckman – UGent)
  • 10:55 – 11:10: Q&A
  • 11:10 – 11:55: panel discussion ‘BE: ready for accommodating the future of OWFs?’
  • 11:55 – 12:00: closing remarks (Steven Degraer – RBINS)

Inscription:

La participation à l’événement WinMon.BE est gratuite, mais l’inscription est obligatoire via le lien suivant: http://labos.ulg.ac.be/gher/home/colloquium/colloquium-2021/registration/.

Plus d’informations sur WinMon.BE:

Des informations détaillées sur les résultats du programme de surveillance de WinMon.BE sont disponibles dans les rapports annuels sur https://odnature.naturalsciences.be/mumm/en/windfarms/.

© IRSNB

Surveillance aérienne de la mer du Nord en 2020

En 2020, l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB) a réalisé 158 heures de vol au-dessus de la mer du Nord dans le cadre du programme national d’observation aérienne. Dix déversements opérationnels par des navires ont été observés, ainsi qu’un déversement accidentelle causée par une collision entre 2 pétroliers. Des taux de soufre suspects ont également été relevés dans les panaches de dix navires. Depuis 2020, les émissions d’azote peuvent également être mesurées avec le capteur renifleur. Avec cette extension, la Belgique continue à jouer un rôle de pionnier dans le contrôle international des émissions des navires. Malgré la pandémie de Covid-19, l’avion a également participé avec succès à une surveillance coordonnée au niveau international des installations pétrolières et gazières dans la partie centrale de la mer du Nord. En outre, les recensements annuels de mammifères marins ont été effectués avec succès.

L’avion de surveillance belge en action. © NL Coastguard

Aperçu des vols de surveillance

Dans le cadre du programme national de surveillance aérienne, 158 heures de vol ont été effectuées au-dessus de la mer du Nord en 2020. Ce programme est organisé par le Service Scientifique UGMM (Unité de Gestion du Modèle Mathématique de la Mer du Nord) de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, en collaboration avec le Ministère de la Défense. En raison de la pandémie de Covid-19, moins d’heures de vol ont pu être effectuées qu’initialement prévu. Toutefois, dans ces circonstances exceptionnelles et difficiles, une partie considérable des heures de vol prévues (environ 75 %) ont été effectuée, cela grâce à l’élaboration et à l’application d’une stratégie Covid-19 élaboré.

La majorité des heures de vol concerne des vols nationaux (136 heures) :

  • 128 heures dans le cadre des missions de la Garde côtière belge :
    • 92 heures de contrôle de la pollution : 56 heures pour la surveillance des déversements d’hydrocarbures et d’autres substances nocives (Annexe I, II et V de MARPOL) et 36 heures pour le contrôle des émissions de soufre par les navires (application de l’Annexe VI de MARPOL / SECA – Sulphur Emission Control Area, voir plus loin) ;
    • 27 heures destinées au contrôle des pêches, à la demande du service flamand « Dienst Zeevisserij » ;
    • 9 heures de vols déclenchés par divers évènements, dont un déversement causé par une collision, une importante marée noire accidentelle sur l’Escaut occidental, un rapport sur de grandes quantités de matière brune qui s’est avérée être des algues, et un rapport sur une baleine dans les eaux belges.
  • 8 heures de surveillance des mammifères marins.

Par ailleurs, 22 heures ont été consacrées à des vols internationaux, spécifiquement lors de la mission « Tour d’Horizon » de contrôle des plateformes de forage en mer du Nord (mission internationale dans le cadre de l’accord de Bonn).

Pollution marine accidentelle

Les 12 et 13 mai 2020, à la suite d’une collision entre deux pétroliers, le m/t Isolde et le m/t Navigator Ceres, une pollution marine accidentelle a été observée qui consistait d’un liquide nocif autre que du pétrole. La pollution provenait de l’Isolde qui était légèrement endommagée. Les traces huileuses (volume limité) observées à la surface de la mer près de l’Isolde pendant 2 jours et 4 vols consécutifs ne semblent pas avoir été causées par des déversements de cargaison, mais par une perte accidentelle de Bioneptan, une bio-huile utilisée pour lubrifier les hélices. Compte tenu de sa nature et du volume limité déversé (< 100L), cette pollution accidentelle n’a pas représenté une menace majeure pour le milieu marin.

Perte accidentelle de Bioneptan du M/T Isolde. © IRSNB/UGMM

Déversements opérationnels de navires

En plus de la pollution accidentelle, dix cas de pollution opérationnelle par des navires ont été observés en 2020 :

  • Deux petits déversements d’hydrocarbures (Annexe I de MARPOL) dont les déversements n’ont pas pu être reliées à un navire.

  • Huit pollutions par des substances liquides nocives autres que les hydrocarbures (Annexe II de MARPOL). Une de ces huit pollutions était reliée à un navire. Une vérification a été demandée à l’escale suivante, qui a révélé qu’il s’agissait d’un déversement autorisé de résidus d’huile de tournesol (Annexe II de MARPOL).
  • L’UGMM reçoit également des alertes régulières provenant de détections par satellite d’une éventuelle pollution marine. Ce service de surveillance par satellite Clean Sea Net (CSN) est fourni par l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM). En 2020, l’avion a effectué cinq missions de vérification à la suite d’une alerte de détection par satellite CSN d’une pollution potentielle dans la zone de surveillance belge. Dans un cas, une pollution a été effectivement confirmée à partir de l’avion, qui impliquait un liquide nocif autre que des hydrocarbures. Lors des quatre autres vérifications, (plus) rien n’a été observé. Pour chaque vérification, un retour d’information a été fourni à l’AESM.

Les chiffres démontrent que le nombre de déversements d’hydrocarbures a fortement diminué au cours de la dernière décennie (premier graphique), mais que la pollution par d’autres substances nocives reste un problème courant, et semble même être en augmentation (deuxième graphique). Il convient de noter qu’il s’agit souvent de déversements conformes aux normes internationales de déversements figurant à l’Annexe II de la convention MARPOL. À partir de 2021, les normes de déversement de l’Annexe II de la convention MARPOL deviendront plus strictes pour les substances dites « floteurs persistants » telles que les substances paraffiniques. L’impact de ce renforcement des normes de déversement en mer sera suivi dans les années à venir.

La pollution par les hydrocarbures dans les ports belges et l’Escaut occidental

Pendant les vols de transit de l’aéroport d’Anvers (la base d’attache de l’avion) à la mer du Nord, une nappe de pétrole a été observée dans le port d’Anvers et un déversement accidentel de pétrole dans l’Escaut occidental. Ce déversement était due à la corrosion entre le réservoir de lest et de la citerne de décantation du porte-conteneurs Hansa Rendsburg, ce qui a entraîné le pompage de boues (sédiments d’huile) vers l’extérieur lors de la vidange du réservoir de lest. Ces deux constatations ont été immédiatement signalées aux autorités compétentes afin d’assurer un suivi.

Surveillance des émissions de soufre et d’azote des navires en mer

Grâce à l’intégration d’un capteur renifleur dans l’avion, notre pays est reconnu comme un pionnier dans la lutte internationale contre la pollution de l’air par les navires en mer. Ce capteur permet de mesurer sur le terrain les polluants présents dans les émissions des navires.

Depuis 2016 des mésures de soufres sont effectues couramment.  Pour surveiller les limites strictes de soufre des carburants marins dans la zone de contrôle des émissions de soufre de la mer du Nord, 25 vols renifleurs (36 heures) ont été effectués avec l’avion en 2020. Sur les 394 navires dont les émissions de soufre ont été mesurées, 10 présentaient une valeur de soufre élevée suspecte. Ils ont été signalés aux services d’inspection maritime compétents pour un suivi à terre.

Une calibration du capteur renifleur est effectuée avant chaque vol. © IRSNB/UGMM

Grâce à l’intégration réussie d’un capteur de NOx en 2020, l’avion peut désormais également mesurer la concentration de composés azotés (NOx) dans les panaches de fumée des navires. Ce nouveau capteur a été intensivement testé en 2020, ce qui a permis de déterminer les émissions d’azote des 394 navires surveillés. Les procédures de surveillance et de signalement associées ont également été élaborées, ce qui signifie que la Belgique est le premier pays prêt à commencer à surveiller et à faire respecter les restrictions strictes en matière de NOx (émissions d’azote) qui s’appliqueront en mer du Nord à partir du 1er janvier 2021. L’IRSNB continue donc à jouer un rôle clé au niveau international dans le domaine de l’Annexe VI de MARPOL. Lors des tests de 2020, il a été constaté que la grande majorité des navires inspectés étaient déjà conformes aux nouvelles règles, bien que certains aient été recensés avec des concentrations d’azote dans leurs émissions qui étaient plus de deux fois supérieures aux limites qui s’appliqueront à partir de 2021.

Approche d’un navire pour vérifier les émissions de soufre et d’azote. © IRSNB/UGMM

Mission internationale « Tour d’Horizon »

Lors de la mission internationale annuelle « Tour d’Horizon » de surveillance de la pollution marine provenant des plateformes de forage dans la partie centrale de la mer du Nord (dans les eaux offshores néerlandaises, danoises, britanniques et norvégiennes), effectuée dans le cadre de l’accord de Bonn en septembre 2020, l’avion de surveillance a détecté un total de 24 pollutions. En raison de la pandémie de Covid-19, l’équipe a été contrainte de modifier l’itinéraire de vol traditionnel avec des escales dans plusieurs pays de la mer du Nord, et d’opérer exclusivement depuis le Royaume-Uni.

Sur ces 24 pollutions détectées, 21 ont pu être reliées directement à une plateforme pétrolière. Les 3 autres observations – 2 nappes d’hydrocarbures et une détection d’un autre polluant – ont toutes été observées sans qu’un navire ou une plate-forme se trouve à proximité. Toutes les observations ont été systématiquement signalées à l’État côtier compétent pour un suivi ultérieur, conformément aux procédures internationales.

Du pétrole provenant d’une plateforme de forage, tel qu’observé depuis l’avion de surveillance lors de la mission internationale TdH 2020. © IRSNB/UGMM

Suivi des mammifères marins

En 2020, l’IRSNB a effectué deux vols au-dessus des eaux belges pour déterminer la répartition et la densité des marsouins communs. De telles enquêtes sont également menées dans d’autres pays de la mer du Nord de manière standardisée afin d’obtenir des résultats pluriannuels qui donnent une idée de la dynamique de la population dans toute la partie sud et centrale de la mer du Nord. Les enquêtes saisonnières n’ont pu – en raison des restrictions imposées par Covid-19 – être réalisées que fin juin et début septembre. Bien que ces mois ne correspondent pas aux périodes où l’on trouve traditionnellement le plus grand nombre de marsouins dans nos eaux, un nombre considérable de marsouins a tout de même été repéré.

Fin juin, 34 marsouins ont été observés, et début septembre, 37. L’estimation résultante de la densité moyenne pour la partie belge de la mer du Nord était presque la même dans les deux enquêtes, respectivement 0,56 et 0,55 marsouins par km², soit un total estimé de 1900 marsouins. Trois phoques ont également été observés lors de la surveillance de juin, et 13 lors de la surveillance de septembre, le plus grand nombre de phoques jamais observé lors d’une surveillance belge des mammifères marins. Parmi ces phoques, il y avait au moins trois phoques gris adultes. Lors de l’enquête de septembre, un grand dauphin a également été observé dans la partie nord-ouest de nos eaux.

 

Des phoques à la tête abîmée en 2021 : conclusions scientifiques

Jusqu’à présent, en 2021, 22 phoques morts se sont échoués sur la côte belge. La moitié d’entre eux, principalement de jeunes phoques gris, présentaient des blessures caractéristiques au cou et à la tête. Il était question de décapitations et cela a fait grand bruit. Une analyse réalisée par l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et la Faculté de Médecine vétérinaire de l’Université de Liège conclut que ces phoques sont des prises accidentelles involontaires de la pêche professionnelle au moyen de filets maillants ou de filets emmêlants. Le nombre soudain et important d’animaux morts peut s’expliquer par le nombre élevé de jeunes phoques gris actuellement présents sur notre côte, suite à la forte croissance de la population dans le sud-est de l’Angleterre.

Les phoques, qu’il s’agisse des phoques communs ou des phoques gris, ne sont plus des espèces menacées dans la partie sud de la mer du Nord : les populations augmentent et, dans le cas des phoques gris, elles sont plus importantes que jamais dans l’histoire de la mer du Nord. Cela signifie également que les phoques sont de plus en plus présents dans nos eaux et sur nos plages.

De décembre 2020 au printemps 2021, une invasion de très jeunes phoques gris a eu lieu : de jeunes animaux ont été notés quotidiennement sur notre côte. Sans aucun doute, la grande majorité de ces animaux provenaient des colonies du sud-est du Royaume-Uni, où un nombre record de phoques gris sont nés en novembre et décembre 2020. Ainsi, la plus grande colonie, celle de Blakeney Point (Norfolk, Angleterre), a donné naissance à environ 4 000 phoques gris durant l’hiver 2020-2021, contre 3 399 en 2019-2020 et à peine 25 en 2001.

Phoques morts en 2021

Parallèlement au nombre élevé d’observations de phoques gris, un nombre étonnamment élevé de phoques morts se sont échoués ces dernières semaines, parfois plusieurs par jour : 22 cette année. La moitié de ces animaux, pour la plupart de très jeunes phoques gris nés l’hiver dernier, présentaient une blessure caractéristique sur le cou et la tête. La plupart d’entre eux se sont échoués entre Ostende et La Panne. En collaboration avec un vétérinaire et un médecin légiste, certains des animaux présentant des blessures typiques ont été examinés.

Phoque gris avec les blessures typiques à la tête, Oostduinkerke, 20 mars 2021 (© Pompiers de Westhoek)

Les blessures des jeunes phoques gris étaient presque identiques. Les observations et conclusions suivantes ont été faites :

  • La tête n’a généralement pas disparu, mais elle est gravement endommagée ; le crâne est souvent encore présent, avec des fractures et des os exposés : la peau et les tissus sus-jacents ont disparu ;
  • La peau est arrachée de manière circulaire de la tête vers le bas (scalpage) ;
  • Les blessures sont post-mortem (pas d’hémorragies dans les tissus graisseux exposés) ;
  • La blessure est plutôt une déchirure, en couches ; aucun poil n’a été coupé, ce qui exclut une incision par un couteau tranchant ;
  • Les blessures ont été causées par une action mécanique : pas par des couteaux mais par un dispositif rotatif.

Cause probable de la blessure

Les charognards ont l’accès le plus facile à un phoque mort par la tête. Les mouettes s’empressent de picorer les yeux, puis de retirer la graisse et la viande par la tête. Chez les animaux en décomposition, les dommages se produisent souvent d’abord au niveau de la tête. En revanche, les blessures subies par les phoques morts au printemps 2021 ont manifestement un fond identique, qui n’est pas dû aux charognards mais à un facteur humain.

Les conclusions de cette étude sont les suivantes :

  • Les phoques ont été pris accidentellement lors de la pêche professionnelle avec des filets maillants ou des filets emmêlants, ils se coincent dans le filet qui se trouve au fond et se noient.
  • Les animaux sont piégés avec la tête dans le filet ; le système de récupération du filet (système avec une grande poulie/ »tambour »), ainsi que le fin fil de nylon, provoquent une incision circulaire, non typique d’une coupe au couteau, et conduisent à la rotation de la tête des phoques à travers le système avec écrasement de la mâchoire inférieure et supérieure et avec scalpage du crâne.
  • Après la capture, les animaux sont jetés par-dessus bord par les pêcheurs.

Les remarques supplémentaires suivantes sont importantes :

  • Le nombre de phoques rejetés sur le rivage ne représente qu’une fraction du nombre total de phoques capturés accidentellement.
  • Les animaux qui sont très frais lorsqu’ils sont rejetés sur la plage ont été capturés accidentellement très près de la côte. Les animaux en état de décomposition peuvent avoir été capturés accidentellement à la fois près et plus loin de la côte.
  • Il est très peu probable que les pêcheurs tuent délibérément des phoques.
  • Une explication probable de ce nombre soudain d’animaux morts est le nombre élevé de jeunes phoques gris présents sur notre côte, ce qui était autrefois beaucoup moins le cas.
  • Les explications possibles du fait que seuls les phoques relativement petits présentent de telles blessures sont les suivantes : (1) les phoques plus grands tombent du filet en raison de leur poids lorsqu’ils sont remontés avant d’entrer en contact avec le tambour et (2) beaucoup plus de petits phoques étaient présents au cours de cette période.
  • Les captures accidentelles de phoques sont bien connues et sont traitées dans le cadre de la Convention OSPAR et de la mise en œuvre des directives européennes. La prise accidentelle ne peut être considérée comme une violation. Ce qui est nécessaire, mais qui n’arrive pratiquement jamais, c’est la notification des prises accessoires aux autorités si celles-ci sont effectuées par un navire de pêche belge (obligatoire selon l’arrêté royal du 21 décembre 2001).
  • La mortalité des phoques due aux prises accidentelles n’atteint pas un niveau qui mettrait en danger les populations de phoques dans nos eaux. Cependant, les prises accidentelles sont potentiellement problématiques au vu de nos obligations au titre de la directive européenne sur l’habitat et de la directive-cadre sur la stratégie marine.

Conclusion

La présence renouvelée des phoques entraîne des conflits : les phoques sont de plus en plus souvent capturés accidentellement lors des activités de pêche, qu’elles soient récréatives ou professionnelles.

La pêche professionnelle au moyen de filets maillants et de filets emmêlants serait à l’origine des blessures caractéristiques d’au moins 11 phoques rejetés sur la plage en 2021. Il s’agit principalement de jeunes phoques gris nés au cours de l’hiver 2020-2021 qui commencent leurs pérégrinations dans le sud de la mer du Nord après le sevrage. La pêche au filet maillant et au filet emmêlant déploie souvent des filets de plusieurs kilomètres de long. Les filets sont laissés en place jusqu’à 24 heures. Dans la partie sud de la mer du Nord, ce type de pêche est particulièrement intensif pendant la période de migration de la sole, de février à mai. Ce type de pêche, populaire dans le nord de la France, est très peu pratiqué dans nos eaux côtières. Les pêcheurs français n’ont pas accès à notre zone des 12 milles. Le même phénomène de nombre élevé de jeunes phoques gris échoués peut être observé dans le nord de la France.

Les captures accidentelles de mammifères marins doivent être considérées comme l’un des effets négatifs de la pêche sur l’écosystème. Les phoques étant populaires, ces mortalités suscitent souvent un tollé général. Il faut également garder à l’esprit que toute forme de pêche a un impact sur l’écosystème, et que la pêche au filet maillant et au filet emmêlant, qui est dangereux pour les mammifères marins, présente des avantages environnementaux par rapport au chalutage à perche en termes d’émissions de CO2, de sélectivité et de perturbation du fond.

 

L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB) mène depuis le début des années 1990, en collaboration avec plusieurs instituts scientifiques, des recherches sur les mammifères marins échoués en Belgique (et dans une moindre mesure dans le nord de la France). Cette situation est régulièrement rapportée dans les revues professionnelles et dans le cadre des obligations internationales. Depuis 2014, l’Institut publie également des rapports annuels sur les mammifères marins. Ils peuvent être consultés sur le site www.marinemammals.be/reports.

L’IRSNB tient à remercier les nombreux bénévoles qui ont signalé les échouages, en particulier ceux de la NorthSealTeam, les services techniques et les pompiers des municipalités côtières, ainsi que le médecin légiste et le vétérinaire pour leur coopération.

 

Texte: Jan Haelters(1), Francis Kerckhof(1), Kelle Moreau(1) et Thierry Jauniaux(2)

(1) Service Scientifique Unité de Gestion du Modèle Mathématique de la Mer du Nord (UGMM); Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB)

(2) Faculté de Médecine vétérinaire, Département de morphologie et pathologie (DMP) – Faculté des Sciences, Département de Biologie, Ecologie et Evolution; Université de Liège

Votre opinion sur le plan de gestion des eaux cotières (2022-2027)

Du 1er mars au 30 septembre 2021 inclus, le Service Milieu marin du SPF Santé publique organise une consultation publique sur le projet du « troisième plan de gestion du district hydrographique pour les eaux côtières belges ». Le  grand public a ainsi la possibilité de donner son avis sur celui-ci et les autorités publiques pourront ensuite en tenir compte lors de l’élaboration du plan final.

Ce plan de gestion du district hydrographique pour les eaux côtières belges a été élaboré en exécution de la Directive Cadre sur l’Eau, qui a été approuvée en 2000 par l’Union européenne. Le but de cette directive est d’atteindre et de maintenir en bon état toutes les masses d’eau (rivières, lacs, eaux côtières et de transition et eaux souterraines). La gestion des eaux côtières belges relève de la compétence de l’autorité fédérale belge.

Vous trouverez de plus amples informations, le projet de plan et les instructions pour soumettre vos commentaires sur www.consult-environnement.be.

Mars 2021 : les marsouins communs dans la pêche récréative illégale

Le 8 mars 2021, un marsouin s’est retrouvé coincé dans un filet maillant ou d’enchevêtrement installé illégalement sur la plage de Oostduinkerke (Coxyde). Les marsouins pris dans ces filets se noient à la marée montante. Cet animal (voir la première image et les liens vidéo suivants) a pu être sauvé juste à temps par un visiteur de plage en état d’alerte. Un autre marsouin trouvé sur la plage dans la même zone le 4 mars semble être mort très récemment et a probablement été tué de cette façon (photo en bas de la page).

Marsouin commun dans filet maillant à Oostduinkerke (Coxyde), le 8 mars 2021 ©Filip Van Bellinghen

Vidéo 1 – marsouin commun Coxyde 8 mars 2021 © Filip Van Bellinghen

Vidéo 2 – marsouin commun Coxyde 8 mars 2021 © Filip Van Bellinghen

Les types de filets en question ont déjà été interdits en Belgique pour la pêche récréative en mer en 2001. En 2015, à la suite d’un procès intenté par la Commission européenne contre notre pays, une interdiction de leur utilisation récréative sur la plage a également suivi. L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique prend les violations très au sérieux et les signale systématiquement aux autorités compétentes. Ils prennent ensuite des mesures contre les personnes qui ont placé les filets illégaux sur la plage.

Marsouin commun trouvé sur la plage de Oostduinkerke (Coxyde), le 4 mars 2021 ©Aäron Fabrice de Kisangani

EuroSea – Améliorer et intégrer les systèmes européens d’observation et de prévision de l’océan pour une utilisation durable

 

 

L’observation et la prévision des océans sont essentielles pour soutenir toute activité liée à l’océan, de la science à l’économie bleue, de la gestion aux interactions entre l’océan et l’homme. Malgré l’importance primordiale de l’océan pour la société, les systèmes actuels d’observation et de prévision de l’océan présentent des lacunes fondamentales qui limitent notre capacité à gérer durablement nos activités dans l’océan. Ces lacunes ne peuvent être comblées par les nations individuelles.

Coopération pour combler les lacunes

Le projet EuroSea soutient l’intégration européenne d’observations et de prévisions coordonnées de l’état et de la variabilité des océans qui peuvent être soutenues à long terme. Trois ensembles de travaux de démonstration d’innovation se concentrent sur les services opérationnels, la santé des océans et le climat.

EuroSea Vision : Faire progresser la recherche et l’innovation vers un système européen d’observation et de prévision des océans centré sur l’utilisateur, véritablement interdisciplinaire et réactif, qui fournit les informations essentielles nécessaires au bien-être et à la sécurité de l’homme, au développement durable et à l’économie bleue dans un monde en mutation.

EuroSea est une action d’innovation de l’UE intitulée « Améliorer et intégrer les systèmes européens d’observation et de prévision de l’océan pour une utilisation durable » et fait partie de “l’initiative phare L’avenir des mers et des océans » financée dans le cadre de l’appel à propositions “Horizon 2020 Blue Growth” (BG-07-2019-2020). Le projet rassemble les principaux acteurs européens de l’observation et de la prévision de l’océan avec les principaux utilisateurs finaux des observations océaniques. Un consortium interdisciplinaire de 55 partenaires travaille ensemble pendant 50 mois et bénéficie d’un budget de près de 12,6 millions d’euros. Le projet est coordonné par le GEOMAR Helmholtz Centre for Ocean Research Kiel, en Allemagne. Le lancement (1ère réunion annuelle EuroSea) a eu lieu à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB) à Bruxelles du 27 au 29 novembre 2019, organisé par GEOMAR, l’IRSNB et EuroGOOS. L’IRSNB est actif dans le domaine de la “Communication : Engagement, diffusion, exploitation et héritage » qui a, entre autres, produit le plan de communication EuroSea (coordonné par EuroGOOS, IRSNB et GEOMAR) et la vidéo EuroSea présentée ci-dessus (coordonnée par le SOCIB – Système d’observation et de prévision du littoral des îles Baléares).

Le consortium EuroSea lors de la réunion de lancement au Muséum des Sciences naturelles (IRSNB) à Bruxelles, le 27 novembre 2019 ©Michael Chia

2ème Réunion annuelle et Assemblée Générale d’EuroSea

La deuxième semaine (virtuelle) EuroSea s’est déroulée du 18 au 22 janvier 2021 et a rassemblé plus d’une centaine d’experts participant au projet ainsi que des orateurs invités d’initiatives mondiales et européennes connexes.

La DG Recherche et Innovation de la Commission européenne a partagé leurs aspirations et a souligné le rôle important d’EuroSea dans l’amélioration de la connaissance et de la durabilité de l’océan. Le nouveau bureau européen du G7, hébergé par Mercator Ocean International à Toulouse, en France, a fait part de ses projets concernant l’initiative du G7 sur l’avenir des océans et des mers. Des présentations ont été faites sur les programmes et initiatives de coordination de l’observation des océans internationaux et européens, notamment le Système mondial d’observation de l’océan (GOOS) – programme relevant de la COI de l’UNESCO, le Système intégré d’observation de la mer (IMOS) – l’Alliance régionale du GOOS en Australie, et le cadre du Système européen d’observation de l’océan dirigé par EuroGOOS et le European Marine Board.

Les work packages EuroSea ont présenté les progrès réalisés au cours des 14 premiers mois du projet, visant à mieux coordonner l’observation et la prévision européennes des océans. L’accent a été mis en particulier sur l’évaluation de l’impact d’EuroSea. Le protocole proposé par les responsables des work packages 1 (gouvernance) et 8 (engagement, diffusion, exploitation et héritage) consiste à déterminer les principaux domaines d’impact d’EuroSea et à développer une méthode pour analyser les impacts au sein de chacun d’entre eux, qu’il est possible de mesurer ou d’illustrer. Les impacts d’EuroSea couvrent la coordination, l’aide à la décision, la science et les services opérationnels, avec de nombreuses innovations prévues en cours de route. Les meilleures pratiques recueillies au cours du projet seront transférées à la communauté océanographique mondiale par le biais du système des meilleures pratiques océaniques de la COI.

La diversité et l’inclusion ont été un autre point fort de la semaine, le Conseil du genre et de la diversité d’EuroSea présentant les premiers résultats d’une enquête institutionnelle et personnelle auprès des partenaires d’EuroSea. Lors d’une session de réflexion ultérieure, les participants ont partagé la voie à suivre pour EuroSea sur les thèmes du genre, de la diversité, de la carrière et de la culture en lien avec le travail scientifique et d’innovation du projet et de sa communauté.

Quatre déjeuners scientifiques ont été organisés au cours de la semaine, avec sept présentations soulignant une série de tâches d’EuroSea, de la collecte de données aux produits et services ou aux mécanismes de coordination du réseau.

Dix projets européens en rapport avec les objectifs d’EuroSea ont été invités à mettre en lumière leurs efforts dans le cadre de flash talks. La collaboration entre EuroSea et certains de ces projets a déjà été initiée par le biais du service ‘Horizon Results Booster’ de la Commission européenne.

L’Assemblée Générale a conclu la semaine avec les élections du conseil exécutif, les plans pour la stratégie d’exploitation du projet, et une discussion sur les recommandations du conseil consultatif scientifique et technique international d’EuroSea.

La Belgique en première ligne contre la pollution de l’air par les navires en mer du Nord

Groupe de travail d’experts sur l’annexe VI de MARPOL, février 2021

Un groupe de travail d’experts visant à élaborer une stratégie et des procédures opérationnelles communes pour la surveillance des émissions atmosphériques des navires dans la région de la mer du Nord s’est tenu du 2 au 5 février 2021. Le groupe était présidé par Ronny Schallier de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB) et a abouti à une série de recommandations qui seront examinées plus en détail. Un début prometteur !

L’avion des garde-côtes de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (UGMM) ©IRSNB/UGMM

La pollution due au transport maritime doit être combattue au niveau international

La Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) est un traité de l’Organisation maritime internationale (OMI) et constitue le principal mécanisme de prévention de la pollution du milieu marin par les navires, qu’elle soit d’origine opérationnelle ou accidentelle. Six annexes fixent des règles pour la prévention de différents types de pollution. Les annexes I à V traitent de diverses substances qui peuvent être rejetées directement dans l’eau par les navires (pétrole, autres substances liquides nocives, substances nocives sous forme conditionnée, eaux usées et déchets), tandis que l’annexe VI traite de la pollution atmosphérique par les navires.

À l’échelle régionale, dix pays qui entourent la mer du Nord et ses approches plus larges, ainsi que l’Union européenne, coopèrent pour lutter contre la pollution de la mer du Nord par les navires dans le cadre de l’Accord de Bonn. La prévention, la préparation et la réponse sont à l’ordre du jour. Le champ d’application de cet accord a récemment été élargi en incluant la surveillance de l’annexe VI de MARPOL, ce qui implique l’élaboration d’une stratégie de surveillance harmonisée pour l’ensemble de la région.

La voie vers un suivi harmonisé et coordonné

Du 2 au 5 février 2021, plus de 60 experts des parties contractantes de l’Accord de Bonn ont participé au groupe de travail, ainsi que le président du Réseau des Enquêteurs et des Procureurs de la mer du Nord et des représentants d’autres accords régionaux. La session plénière était présidée par Ronny Schallier du Service Scientifique belge de l’UGMM (Unité de Gestion du Modèle Mathématique de la Mer du Nord, qui fait partie de l’IRSNB ; les experts Ward Van Roy et Kobe Scheldeman de l’équipe de surveillance de l’UGMM ont également coorganisé la réunion) et quatre groupes de discussion parallèles ont été organisés pour discuter des questions juridiques, opérationnelles et scientifiques relatives à la surveillance et à l’application de l’annexe VI de MARPOL. Au nom de la Belgique, la DG Navigation (SPF Mobilité et Transport) a également apporté une contribution précieuse, en expliquant le contexte juridique et le rôle des inspections portuaires.

L’utilisation des différentes plateformes et capteurs pour surveiller les oxydes de soufre (SOx) et les oxydes d’azote (NOx) dans les émissions des navires a été envisagée en même temps que les programmes de surveillance régionaux et l’utilisation des ressources de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) pour stimuler la coopération régionale. Le groupe de travail s’est conclu sur un ensemble de recommandations à explorer plus avant par un groupe de travail stratégique et opérationnel et un groupe de travail technique sous l’égide du principal groupe de travail technique de l’accord, l’OTSOPA.

« Les oxydes de soufre et les oxydes d’azote présents dans les émissions des navires ont non seulement un impact environnemental important, mais sont également d’importants déclencheurs de particules fines et posent un grave problème de santé publique. Ce groupe de travail peut être considéré comme un début réussi d’un contrôle de conformité coordonné et efficace des normes internationales strictes relatives aux émissions des navires en mer du Nord », explique Ronny Schallier. « Dans le cadre de la lutte contre la pollution atmosphérique due aux navires, les dix pays de l’Accord de Bonn et l’UE déploieront conjointement diverses plates-formes (avions, drones, stations de mesure fixes) et des capteurs innovants dans toute la zone de la mer du Nord, du golfe de Gascogne aux eaux écossaises et norvégiennes. Dans cet effort conjoint, l’avion des garde-côtes de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (UGMM) continuera à jouer un rôle de pionnier important ».

Gand sera la ville marraine du nouveau navire de recherche Belgica

COMMUNIQUÉ DE PRESSE Cabinet de la politique scientifique et Ville de Gand, 31 janvier 2021

La ville de Gand sera la ville marraine du nouveau navire de recherche belge Belgica. Le navire sera baptisé à Gand en septembre 2021. Cela a été annoncé le 31 janvier 2021 par le secrétaire d’État à la politique scientifique, Thomas Dermine, et le bourgmestre de Gand Mathias De Clercq.

Le nouveau navire de recherche Belgica. ©Freire Shipyard

La ville de Gand sera la ville marraine du nouveau navire de recherche. Le secrétaire d’État à la politique scientifique, Thomas Dermine, a pris cette décision après avoir consulté le bourgmestre de Gand Mathias De Clercq. La ville de Gand avait précédemment exprimé son intérêt à devenir la ville marraine du navire de recherche de pointe. Une candidature qui est soutenue par l’Université de Gand, un partenaire scientifique important du Belgica.

« En ce moment, les dernières touches sont apportées au navire à Vigo, en Espagne, qui, entre-temps, subit également de nombreux tests. En septembre 2021, la fierté belge en matière de recherche et de technologie marines sera baptisée à Gand », se réjouit le secrétaire d’État à la politique scientifique, Thomas Dermine. « Avec le Belgica, nous contribuons à faire de notre pays un des leaders mondiaux de l’exploration marine et sous-marine. Je suis très heureux de l’enthousiasme de Gand pour devenir la ville marraine de ce navire exceptionnel », poursuit Thomas Dermine.

« Nous sommes particulièrement honorés et fiers d’être la ville marraine du nouveau navire de recherche Belgica », s’enthousiasme de son côté le Bourgmestre Mathias De Clercq. « Gand va s’emparer de ce titre pour susciter l’intérêt des jeunes et des écoles pour les sciences et pour tirer le meilleur parti des atouts de Gand en tant que ville du savoir et ville portuaire. Le navire est propulsé par des moteurs gantois et les Gantois accueilleront avec fierté le Belgica », poursuit Mathias De Clercq.

Le nouveau Belgica, navire de recherche océanographique de 71 mètres, jouera un rôle clé dans la recherche marine belge et européenne au cours des prochaines décennies.

A partir de l’automne 2021, le navire partira en expédition pour effectuer des recherches sur de nombreux enjeux, tels que la lutte contre le réchauffement climatique et une meilleure protection de l’environnement.

En tant que navire de recherche multidisciplinaire, le Belgica soutiendra la recherche scientifique dans les domaines de la pêche, de la biologie, de la géologie, du climat et de la chimie.

L’État belge, représenté par la Politique scientifique fédérale (BELSPO), est propriétaire du navire. L’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB) gérera le navire en collaboration avec le ministère de la défense et un opérateur privé.

Le nouveau navire de recherche Belgica succédera à l’actuel navire de recherche Belgica (mis en service en1984) qui, au cours des 36 dernières années, a parcouru près d’un million de kilomètres, facilitant plus de 1000 expéditions scientifiques.

Comme son prédécesseur, le Belgica fonctionnera au sein du réseau européen EUROFLEETS, qui permet aux chercheurs européens d’accéder à une infrastructure de recherche marine commune.

Le nouveau navire sera inauguré en septembre à Gand après un trajet initiatique entre Zeebrugge et Gand en présence de la princesse Elisabeth. Pour rappel, la duchesse du Brabant est la marraine du nouveau Belgica.

Des activités grand public seront organisées en marge de cette inauguration officielle.

Le nouveau navire de recherche Belgica. ©Freire Shipyard
Le secrétaire d’État à la politique scientifique, Thomas Dermine, et le bourgmestre Mathias De Clercq scellent le parrainage de Gand.

Consultation publique : Demandes de concession pour l’extraction de sable et de gravier

Agentschap voor Maritieme Dienstverlening en Kust, afdeling Kust, van C.B.R. Cementbedrijven nv – Afdeling SAGREX en De Hoop Bouwgrondstoffen bv c.o. SATIC nv ont soumis une demande pour la prolongation et/ou une extension spatiale de leur concession pour l’extraction de sable et de gravier sur le plateau continental belge. L’exploitation du sable et gravier est soumise à une procédure d’évaluation des incidences sur l’environnement.

Le sable et le gravier de la mer du Nord sont triés par taille de grain. © IRSNB/K. Moreau

Les demandes de concession et le rapport d’évaluation des incidences sur l’environnement, l’étude appropriée inclus, sont présentés ci-dessous (en néerlandais). Les objections reçues sont ajoutées après la consultation publique.

Demandes

Afdeling Kust_begeleidend schrijven_20201207_br_FOD Economie_aanvraag concessie

Afdeling Kust_formulier-aanvraag-concessie

CBR Sagrex – aanvraagformulier

De Hoop – aanvraagformulier

Dieptekaart-concessieaanvraag 2021-2031_definitief plan

Rapport d’évaluation des incidences sur l’environnement

2020-BE0119000341_MER Zandwinning_v7.0_Finaal_20201112_incl Bijlagen

NTS EN_BE0119000341_MER Zandwinning_20201112

NTS NL_BE0119000341_MER Zandwinning_20201112

Résultats de la consultation (tout en néerlandais)

20210311_zandwinning_bezwaarschrift_4Sea

20210304_zandwinning_bezwaarschrift_SandradeGier

20210304_zandwinning_bezwaarschrift_KarinGielen

La période de consultation s’étend du 29 janvier au 27 février 2021.

Toutes les parties intéressées peuvent communiquer leur point de vue, leurs observations et leurs objections à Mme Brigitte Lauwaert par courrier ou e-mail jusqu’au 14 mars 2021.

UGMM
À l’attention de Mme Brigitte Lauwaert
Rue Vautier 29
1000 Bruxelles

blauwaert@naturalsciences.be

L’impact environnemental des parcs éoliens offshore – Résultats à propos de la plus grande zone éolienne opérationnelle du monde

Si la Belgique est devenue un leader mondial de l’industrie éolienne offshore, les scientifiques belges qui surveillent l’impact environnemental des parcs éoliens offshore ont également développé une expertise et des connaissances approfondies. Peu après l’achèvement de la première zone éolienne offshore belge (la plus grande du monde à être opérationnelle), le consortium de surveillance présente ses dernières conclusions et recommandations dans un nouveau rapport. Les différentes composantes de l’écosystème marin sont touchées de différentes manières. Il serait par conséquent trop simplificateur de voir l’impact environnemental tout en noir ou tout en blanc. Atteindre un équilibre entre les crises des domaines de l’énergie et de la biodiversité n’a jamais été considéré comme une tâche facile. La surveillance se poursuit, tout comme l’élaboration de mesures d’atténuation là où elles sont nécessaires.

La Commission européenne impose des objectifs concernant la contribution des sources d’énergie renouvelables à la production totale d’électricité de tous les États membres (Directive 2009/28/CE). Pour la Belgique, 13 % de la consommation totale d’énergie devait être couverte par des énergies renouvelables d’ici 2020. Les parcs éoliens offshore dans la partie belge de la mer du Nord apportent une contribution importante, et une première zone de 238 km² le long de la frontière avec les Pays-Bas a été réservée aux parcs éoliens pour atteindre cet objectif. Fin 2020, après 12 ans de construction, les parcs éoliens de cette zone ont été achevés. Un total de 399 turbines est maintenant opérationnel dans huit parcs éoliens, avec une capacité installée de 2,26 Gigawatts (GW) et une production moyenne de 8 TWh. Cela représente environ 10 % de la demande totale d’électricité de la Belgique, soit 50 % des besoins en électricité de tous les ménages belges. Pour l’instant, les travaux de construction sont terminés, mais une deuxième zone d’énergie renouvelable de 285 km² est prévue dans le nouveau Plan d’Aménagement des Espaces Marins 2020-2026, avec l’intention d’ajouter un minimum de 2 GW à la capacité totale de production d’énergie éolienne offshore belge.

Zones pour les parcs éoliens offshore dans la partie belge de la mer du Nord. Zone ombrée à l’est = première phase, zones ombrées à l’ouest = deuxième phase, les lignes pointillées délimitent les zones pour les câbles et les pipelines (Source: Plan d’Aménagement des Espaces Marins 2020-2026, Annex 4: Cartes)

Trouver un équilibre entre les crises du domaine de l’énergie et de la biodiversité

Il est très difficile de trouver un équilibre entre l’installation de parcs éoliens en mer en tant que mesures de lutte contre la crise énergétique et climatique et des impacts environnementaux acceptables à la lumière de la lutte contre la crise que traverse la biodiversité. Les deux crises doivent être abordées, mais à condition que l’une n’aggrave pas l’autre. Il faut également garder à l’esprit que les parcs éoliens offshore belges ne sont pas des cas uniques : à l’échelle du sud de la mer du Nord, des zones de parcs éoliens offshore sont également prévues dans la zone néerlandaise adjacente de Borssele (344 km²) et dans la zone française de Dunkerque (122 km²). Les impacts écologiques cumulés continueront donc à être une préoccupation majeure dans les années à venir. Ce n’est qu’en coopérant vers l’objectif commun d’accroître la production d’énergie renouvelable avec des impacts écologiques acceptables que la science, l’industrie et la politique pourront relever ensemble ce défi.

Permis et surveillance

Avant qu’un parc éolien puisse être installé dans les eaux marines belges, les promoteurs doivent obtenir une concession domaniale et un permis environnemental. Ce permis impose un programme de surveillance scientifique pour évaluer les effets du projet sur l’écosystème marin et comprend des conditions visant à minimiser et/ou atténuer les aspects de l’impact qui sont jugés inacceptables. Le programme de surveillance est réalisé par le consortium WinMon.BE. Les rapports annuels destinés aux scientifiques marins, aux gestionnaires, aux décideurs politiques et aux promoteurs de parcs éoliens offshore sont publiés dans la série « Memoirs of the Marine Environment » de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

Le programme de surveillance couvre un large éventail de composantes de l’écosystème, des sédiments mous et des invertébrés et poissons des substrats durs (artificiels) aux oiseaux et  mammifères marins, ainsi que leurs interactions. En d’autres termes, la surveillance ne se concentre pas seulement sur la quantification de l’étendue des impacts sur l’écosystème marin, mais vise également à révéler les relations de cause à effet de certains impacts.

Le navire de recherche Belgica documente la faune piscicole dans un parc éolien offshore belge (© ILVO/A. De Backer).

Aperçu à long terme

Le dernier rapport « Environmental Impacts of Offshore Wind Farms in the Belgian Part of the North Sea. Empirical Evidence Inspiring Priority Monitoring, Research and Management », présente un aperçu des résultats scientifiques du programme belge de surveillance environnementale des parcs éoliens offshore (WinMon.BE), basé sur des données collectées jusqu’en 2019 inclus.

Étant donné que les différentes composantes des écosystèmes étudiés sont touchées par le développement des énergies renouvelables offshore de différentes manières et à différentes échelles spatiales et temporelles, l’impact environnemental ne peut être facilement résumé comme étant positif ou négatif. Voici les principales conclusions et recommandations des dernières études :

  • L’utilisation de rideaux de bulles doubles s’est avérée partiellement efficace pour réduire le bruit sous-marin associé à l’installation de monopieux de 8 m de diamètre à des niveaux conformes aux normes nationales.
  • Après examen de la conformité aux conditions de permis environnemental pertinentes, il est recommandé d’optimiser l’utilisation des dispositifs de dissuasion acoustique et des mesures d’atténuation du bruit, et d’officialiser les enquêtes sur les mammifères marins.
  • Plus de 80 % du nombre estimé d’oiseaux marins qui entrent en collision avec les turbines dans les eaux belges sont de grands goélands. L’emplacement des parcs éoliens, leur disposition et la taille des turbines déterminent le nombre prévu de collisions.
  • Les recherches futures devraient porter sur des aspects spécifiques de l’impact sur les individus et les populations d’oiseaux, et sur son atténuation : la corrélation entre le déplacement et les caractéristiques des parcs éoliens, les mouvements de grands goélands et un modèle de distribution des espèces empiriquement informé pour soutenir la planification de l’espace marin.
  • Les sédiments deviennent plus fins et s’enrichissent en matière organique à proximité des fondations jacket, ce qui s’accompagne d’une plus grande abondance et diversité de la macrofaune. Les espèces côtières typiques des eaux productives colonisent les sédiments désormais plus fins autour des turbines.
  • Neuf ans après le début de la construction, on voit les premiers signes que les parcs éoliens peuvent servir de refuges pour les poissons qui préfèrent les sédiments mous (p.e. la plie), probablement en raison de l’exclusion de la pêche et de la disponibilité accrue de nourriture, tandis que l’effet récifal s’étend aux sédiments mous entre les turbines (colonisés par les invertébrés des substrats durs).
  • Les parcs éoliens offshore influencent les réseaux alimentaires locaux depuis la base, la faune colonisatrice réduisant les producteurs primaires, jusqu’aux niveaux trophiques supérieurs, plusieurs espèces de poissons se nourrissant intensivement de la faune colonisatrice.
Vue aérienne des parcs éoliens offshore belges (© IRSNB/UGMM)

Surveillance future

Le fait que la première zone belge pour les parcs éoliens offshore ait été entièrement achevée ne signifie pas que la surveillance est maintenant terminée. Bien que la compréhension des effets des éoliennes sur le milieu marin et ses habitants ait considérablement progressé au cours des dix dernières années, il reste encore beaucoup à apprendre sur l’impact environnemental à long terme. Pour cela, le modèle de coopération actuel, dans lequel les scientifiques et l’industrie éolienne offshore documentent l’impact de la phase opérationnelle des parcs éoliens, restera actif. « Parmi les exemples de domaines que nous avons commencé à explorer mais sur lesquels nous ne pouvons pas encore faire de rapport, on peut citer l’amélioration de la modélisation des risques de collision entre les oiseaux (et les chauves-souris) et les turbines, la surveillance de l’impact du bruit sous-marin continu généré par les turbines opérationnelles, et les effets à plus long terme sur les populations de poissons. Nous ne savons pas encore non plus  comment les communautés qui colonisent les éoliennes vont évoluer et comment les changements de comportement observés ont un impact sur la santé individuelle, le succès de la reproduction et la survie des animaux marins », déclare Steven Degraer, coordinateur du consortium WinMon et chef de l’équipe Marine Ecology and Management de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. M. Degraer poursuit : « L’extension de la coopération permettra également d’évoluer dans le domaine de la conception, de l’expérimentation et de l’amélioration des mesures d’atténuation afin de gérer directement les effets indésirables sur l’écosystème marin ».

Les activités de surveillance devront également être lancées de la même manière dans la deuxième zone éolienne offshore belge une fois que la construction y aura commencé. La collecte de données de base sur l’état de l’écosystème marin dans cette zone, sur lesquelles reposera une future évaluation des changements, est déjà en cours. En outre, l’évolution rapide des technologies et des pratiques de construction exige une réévaluation fréquente des impacts observés.

En attendant, l’expertise belge en matière de surveillance de l’impact environnemental des parcs éoliens offshore attire également l’attention internationale. « Des plans de surveillance inspirés des travaux belges sont mis en place en France et aux États-Unis, de sorte que la Belgique doit être considérée comme un leader mondial non seulement dans l’industrie éolienne offshore, mais aussi dans la surveillance de leur impact environnemental » conclut M. Degraer.

Le programme de surveillance WinMon.BE est une coopération entre l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB), l’Institut de recherche Nature et Forêt (INBO), l’Institut de recherche pour l’agriculture, la pêche et l’alimentation (ILVO) et le Groupe de recherche en biologie marine de l’Université de Gand. Il est coordonné par l’équipe «Marine Ecology and Management (MARECO) » de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.