Analyse des premières données et amélioration du capteur

Lundi, le 7 Octobre 2019

Rapportage et figure: Sylvain Amoussou

Photos: www.lastminuteengineers.com

Nous avons analysé les données du premier capteur de température qui a été placé au port de pêche de Cotonou le vendredi 3 octobre. Les résultats du 3 octobre montre que la température est presque constante (en moyenne 26.6 ) de 17h00 à 18h45 (figure1 (a)), et elle varie à partir de 19h00 jusqu’à 7h00 du matin UTM, le 4 octobre (voir Figure1 a-b). Mais à partir de 7h00 UTM du matin jusqu’à 9h00 UTM, elle est presque constante. En conclusion, nous remarquons que la température mesurée par le premier capteur varie dans la nuit mais reste constante dans la journée.

Température en fonction du temps(en heures. a) résultats du 3 Octobre, b) Résultats du 4 Octobre.

Nous notons aussi quelques problèmes avec le capteur. Le capteur s’est arrêté pendant quelques heures, tout comme le GPS. On a donc exécuté quelques tests additionnels et ajouté quelques améliorations aux autres capteurs:

1) Vérification de la tension et de l’intensité du courant aux bornes des piles.

Apres avoir récupéré le premier capteur, nous avons mesuré la tension et l’intensité du courant aux bornes des piles. Nous avons trouvé 6.28 V et 60mA aux bornes des piles. Nous remarquons que presque la moitié des 12V a été utilisé en moins de 24h. On pense de diminuer la fréquence des mesures (pour l’instant, c’était une mesure toutes les 10 minutes).

2) Chargeur des batteries GSM.

Nous avons trouvé un moyen pour charger les batteries GSM, afin de réaliser les prototypes d’internet pour pourvoir enregistrer les données qui seront prises par les capteurs via internet.

3) Ajouter un module internet.

On est parvenus à envoyer quelques sms avec le capteur, mais ils étaient vides. On continue.

Un schema trouvé sur https://lastminuteengineers.com/, qui est super utile.

Récuperation du capteur au port de Cotonou et préparation de plus de capteurs

Vendredi, le 4 Octobre 2019

Un autre système embarqué comportant une carte contrôleur, la carte SD, le GPS et thermomètre sont en cours de finalisation. Le capteur a été récupéré et est encore éteint.

Rapportage: Médard Honfo

Photos: Katrijn Baetens

Le but de la deuxième journée est de concevoir d’autres capteurs à thermomètre pouvant relever les données entre l’océan, le chenal et lac Nokoué. Ce jour était dédié à faire des achats et de petites tâches pour compléter les capteurs.  Quelques choses qu’on a faites:
Achat des cartes sim

Achat des cartes SIM avec des configurations appropriées

Préparation des autres boîtes et test d’étanchéité
Brainstorming pour des boîtes alternatives et achat

Vérifier si les nouvelles boîtes peuvent être considérées

Trouver une façon de recharger les batteries GSM

Négotiations pour acheter des chargeurs pour nos batteries

Récupérer le capteur au port à 17h00, le capteur était encore éteint, donc bonne nouvelle

Après 24h, le capteur était encore éteint

 

Mise en place du premier capteur

03/10/2019 à l’Institut de Recherches Halieutiques et Océanologiques du Bénin (IRHOB)

Rapportage: Wilfried Sintondji
Photos: Wilfried Sintondji et Katrijn Baetens

Commençant à 9h00, cette séance a connu la participation active de Katrijn BAETENS et de plusieurs personnes de l’Institut de Recherches Halieutiques et Océanologiques du Bénin (IRHOB) (Directeur Dr SOHOU Zacharie, Dr DEGBE Georges et Mr HONFO Médard). Il est important de noter la participation active des étudiants sélectionnés dans le cadre de ce projet, il s’agit de Mr AMOUSSOU Sylvain et de Mr SINTONDJI Wilfried.

Après une présentation complète de tous les participants présents, l’assistance a eu le plaisir de suivre religieusement la présentation des matériaux apportés par Katrijn BAETENS. A cette occasion, elle a expliqué l’ensemble des constituants du thermomètre programmé qu’elle a réalisé depuis la Belgique. Katrijn a aussi apporté depuis la Belgique plusieurs autres pièces constitutives de ce même thermomètre, ainsi une tâche bien définie est confiée à chaque étudiant dans le but de réaliser un nouveau thermomètre identique à celui apporté. Cette réalisation comprend plusieurs phases, parmi lesquelles nous pouvons citer :

 

  • Préparation de l’étanchéité du boîtier

    La boîte est étanche dans des conditions controlées
  • Contrôle de voltage du système
  • Test des éléments constitutifs avec un résistor sur le BREADBOARD
  • Mise en liaison des différentes pièces constitutives, comme le GPS et son antenne, le port carte mémoire, la plaquette à internet, les batteries et la sonde du thermomètre

    Le système tourne indépendamment  et le GPS marche en extérieur
  • Programmation du thermomètre pour l’enregistrement automatique/période voulue de la température
Les étudiants du programme : Médard à gauche qui prépare les câbles du thermomètre, Sylvain au milieu qui bricole la boîte étanche et Wilfried à droite en train de souder les câbles.

Le thermomètre est ensuite déposé dans les eaux du port autonome de Cotonou sur le site de la base militaire du port, ce même jour à 17h00, pour être repris après 24 heures.

En route vers la première déposition du capteur dans les eaux du port de Cotonou

Une nouvelle méthode permet le traitement de quatre décennies de données satellites

Durant les quatre dernières décennies, différents satellites ont circulé autour de la Terre en récoltant de nombreuses données. Toutefois, au cours de cette période, la technologie a évolué, ce qui a créé le besoin d’une méthode de traitement unifiée. Un algorithme et un logiciel nouvellement développés rendent maintenant possible le traitement constant de toutes ces données et l’obtention d’une série d’images unifiées pour des paramètres comme la réflectivité et la turbidité de l’eau.

Depuis le lancement du satellite Landsat 5 en 1984, des images satellites des territoires et zones côtières de la Terre ont été prises tous les 16 jours. Landsat 5 a produit une imagerie régulière pendant plus de 25 ans et a été complètement désactivé en 2013. Sa mission est continuée par Landsat 7 (lancé en 1999) et Landsat 8 (2013). Les missions Landsat sont complétées par deux missions Sentinel-2, lancés en 2015 (S2A) et 2017 (S2B), qui capturent la Terre tous les cinq jours. Les données des missions Landsat sont en accès libre depuis 2008, et celles de Sentinel-2 le sont depuis leur lancement. La combinaison des flux de données permet d’étudier de longues séries chronologiques, mais en raison des différences de conception des capteurs et des formats d’image de ces satellites, il était difficile d’aligner ces données dans le temps. Plus précisément, un algorithme de correction atmosphérique et un logiciel de traitement automatique et cohérent de ces images étaient nécessaires.

Un traitement unifié

Dans une récente publication du journal « Remote Sensing of Environment », Quinten Vanhellemont du groupe de télédétection (Remote Sensing, REMSEM) de notre Institut décrit une méthode de traitement unifié des données afin d’en extraire la réflectivité de l’eau ainsi que d’autres paramètres, comme sa turbidité. Ces résultats ont été validés avec de longues séries chronologiques de mesures in situ de la Terre entière (Figure 1). Cela a été la méthode par défaut dans le logiciel ACOLITE depuis avril 2018, qui peut traiter l’imagerie des Sentinel-2A/B et des Landsat 5/7/8. ACOLITE a aussi été développé par Quinten Vanhellemont à l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique.

Figure 1 : Chronologie de la turbidité de l’eau à partir de mesures in situ (trait plein) et obtenue par l’imagerie satellite du sud de la Mer du Nord. On trouve une bonne correspondance sur les 20 ans de la chronologie.

Images d’une longue chronologie

Le traitement unifié de données recueillies par différents satellites offre une série de données et d’images standardisées et facilement interprétables (et aussi très belles). Dans la zone côtière Belge, on peut par exemple observer l’impact de l’extension des ports de Zeebrugge et d’Ostende sur la sédimentation des deux côtés des parois des ports. Les séries d’images en figure 2 montrent une accumulation de sable à l’Est et l’Ouest des ports étendus. La turbidité de l’eau est aussi extraite et, dans la zone côtière Belge, est principalement dominée par la resuspension de matière du fond en cycles superposés : un cycle annuel de haute turbidité en hiver, et basse en été, ainsi des cycles de resuspension par les marées hautes et basses et les cycles de marées de morte eau et de vive eau.

Figure 2a : Extension des parois des ports et des quais intérieurs du port de Zeebrugge, et accumulation de sable sur les plages à l’Est et l’Ouest du port (années 1980-2010).
Figure 2b : Port d’Ostende (années 1980-2010)

Vanhellemont, Quinten. « Adaptation of the dark spectrum fitting atmospheric correction for aquatic applications of the Landsat and Sentinel-2 archives. » Remote Sensing of Environment 225 (2019): 175-192. https://doi.org/10.1016/j.rse.2019.03.010

ACOLITE: processeur https://odnature.naturalsciences.be/remsem/software-and-data/acolite

ACOLITE: forum https://odnature.naturalsciences.be/remsem/acolite-forum/

ACOLITE: code source https://github.com/acolite/acolite

EUROFLEETS+ Appel à candidature de temps-navire et d’utilisation d’equipement marin (Programme SEA, Ship-time and marine Equipment Application)

Eurofleets+ est une alliance d’infrastructures européennes de recherche marine visant à répondre aux besoins évolutifs des milieux de la recherche et de l’industrie.

Informations générales

Le projet Eurofleets+ facilite un libre-accès à une flotte de navires de recherche intégrée et perfectionnée, conçue pour satisfaire les besoins changeants et complexes de l’ensemble des utilisateurs. Des chercheurs européens et internationaux du monde scientifique et de l’industrie peuvent postuler pour différents programmes d’accès grâce à un système à entrée unique. Eurofleets+ favorise le soutien de recherches pour des océans durables, propres, et sains, liées à des infrastructures d’observation marine existantes, et soutient l’innovation en travaillant de près avec l’industrie.

Les Navires de Recherche Eurofleets+ accessibles : le projet permet l’accès à une flotte unique de 27 navires de recherche de pointe (13 globaux/océaniques et 14 régionaux) appartenant à des partenaires européens et internationaux. A travers des appels concurrentiels, Eurofleets+ offre une large couverture géographique, avec accès à la Méditerranée et à la mer Noire, à la mer Baltique et à la mer du Nord, à l’Atlantique Nord (y compris le Groenland et les mers norvégiennes), et à l’Océan Pacifique Sud et la mer de Ross.

Les équipements embarqués Eurofleets+ accessibles : les chercheurs ont accès à un équipement de pointe, notamment 7 Véhicules téléguidés (ROV) et 5 Robots sous-marins autonomes (AUV). Un système de téléprésence portable unique en son genre permet l’accès à distance aux chercheurs et à divers utilisateurs finaux, y compris le public ; une première en Europe.

Les programmes Eurofleets+

Trois programmes d’accès seront lancés dans Eurofleets+ :

1) Temps-navire et Applications d’Equipement Marin (Programme SEA) pour l’accès aux navires et aux équipements marins à travers une demande complète de temps-navire, pour laquelle auront lieu au minimum deux appels, l’un pour les navires océaniques, et l’autre pour les navires régionaux. L’appel SEA pour les navires océaniques a ouvert le 26 juin et le reste jusqu’au 27 Septembre 2019. Vous trouverez plus de détails sur cet appel ci-dessous. L’appel SEA pour les navires régionaux ouvrira en automne 2019, et restera aussi ouvert pendant trois mois. Les navires de recherches et équipements marins non offerts ou demandés lors du premier appel (Océans), ou avec des capacités supplémentaires seront offerts au second appel (Régional).

2) Le programme Co-PI qui cible spécifiquement les chercheurs en début de carrière, pour qu’ils exécutent leurs propres recherches avec les scientifiques expérimentés pendant les expéditions Eurofleets+ prévues. L’ouverture des candidatures pour le programme Co-PI est attendue dès Novembre 2019, et devrait rester ouverte en permanence jusqu’en début 2022.

3) L’Accès Transnational à distance (programme RTA, Remote Transnational Access) doit fournir aux chercheurs un accès aux prélèvements et aux données de la flotte Eurofleets+. L’accès à distance permettra de répondre aux besoins de projets, d’échantillons ou de données de moindre envergure, lorsque cela peut se faire en une journée de temps-navire. Les candidatures pour le programme RTA pourront se faire lors d’un appel continu, qui devrait lui aussi être ouvert de Novembre 2019 à début 2022.

Notes : Les candidats non-européens sont aussi éligibles au financement. Les partenaires de l’industrie, les chercheurs en début de carrière et les chercheuses sont encouragés à déposer leur candidature.

Les financements Eurofleets+ recouvrent l’utilisation des navires, l’équipage, le carburant et autres coûts de fonctionnement standards, ainsi que les frais de déplacement de l’équipe à bord, et le transport de l’équipement et des prélèvements.

L’appel à candidatures du programme SEA « OCEANS »

Le programme SEA offre un accès transnational entièrement financé à 14 navires de recherche (dont certains avec la Certification Glace) et à 9 Équipements Marins pour mener des activités de recherche sur les navires dans n’importe quel domaine des sciences marines.

Les critères de financement, les directives de demande et les critères complets de sélection.

Cet appel à candidatures restera ouvert aux propositions jusqu’au Vendredi 29 septembre 2019.

Navires de recherche:

Océan Atlantique Nord

RV Arni Freidrickson (HAFRA, Islande)

RV Celtic Explorer (MI, Irlande)

RV DANA (DTU, Danemark)

RV Magnus Heinason (HAVST, Iles Faroe)

RV Mar Portugal (IPMA, Portugal)

Océan Arctique

RV Sanna (GRONLANDS, Groenland)

RV G.O. SARS (HAVFO, Norvège)

Mer Méditerranée, Océan Atlantique

RV Alliance (NATO-CMRE, Italie)

RV Pelagia (NIOZ, Pays-Bas)

RV Ramon Margalef (IEO, Espagne)

RV Thalassa (IFREMER, France)

Atlantique Nord-Ouest/Ouest

RV Coriolis II (UQAR, Canada)

RV Atlantic Explorer (BIOS, Bermudes)

Océan Pacifique

RV Tangaroa (NIWA, Nouvelle-Zélande)

Equipement marin:

AUV Hugin (UGOT, Suède)

AUV Hugin (FFI, Norvège)

ROV Ægir 6000 (UiB, Norvège)

HROV Ariane (Ifremer, France)

ROV Genesis (VLIZ, Belgique)

ROV Holland1 (MI, Irlande)

ROV LUSO (IPMA, Portugal)

ROV Marum Squid (UB, Allemagne)

ROV Ocean Modules V8 offshore (UGOT, Suède)

VSAT Satellite System (Unité de téléprésence) (GFOE, États-Unis)

Description détaillée des navires de recherche et des équipements marins proposés par EUROFLEETS+.

Contact : eurofleetsplus@awi.de

L’IRSNB et la Réserve Naturelle de Zwin installent des GPS sur des cigognes blanches.

Fin juin, dans la Réserve Naturelle de Zwin, à Knokke-Heist, trois jeunes cigognes ont été équipées d’émetteurs. Grâce à ces émetteurs, les mouvements des cigognes peuvent être suivis à tout moment. A travers cette étude, l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et la Réserve Naturelle de Zwin veulent documenter les conséquences des changements de conditions dans les zones d’hivernage sur les comportements migratoires des cigognes.

Jeune cigogne blanche équipée d’un émetteur fin juin 2019 à la Réserve Naturelle deZwin. (© Zwin Natuur Park)

Depuis que Leon Lippens a lancé un programme d’introduction de cigognes Ciconia ciconia dans la réserve de Zwin en 1957, environ cinq cents jeunes y ont éclos (le premier en 1965). Plus de 300 d’entre eux ont été équipés de bagues scientifiques dans le cadre d’une tradition de recherche scientifique et d’une coopération avec l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. La majorité d’entre eux ont été signalés au moins une fois (en moyenne cinq fois par cigogne signalée), principalement sur un axe vers le Sud-Ouest, à travers la moitié occidentale de la France et l’Espagne centrale. L’observation la plus lointaine d’une cigogne de Zwin venait d’Algérie, à 2164km de Zwin. Mais on a aussi signalé que les cigognes belges passaient l’hiver en Afrique de l’Ouest, jusqu’au Sénégal et au Mali. La cigogne blanche est l’une des espèces pour laquelle la Réserve Naturelle de Zwin a été désignée comme zone de protection spéciale sur la Directive Oiseaux de l’UE.

Signalements de cigognes blanches baguées en Belgique, 1965-2019 (© IRSNB/Geoapp BeBIRDS)

Cette année, la population de Zwin comptait 13 couples reproducteurs. Cependant, dans un espace plus large (région de Knokke-Heist, Damme, Bruges, et au-delà de la frontière néerlandaise), 27 couples supplémentaires ont été signalés, et ainsi le total régional de la population ne comptait pas moins de 40 couples reproducteurs. Il y a quelques années, le nourrissage des cigognes dans le Zwin a cessé, ce qui a probablement contribué à leur distribution dans un espace plus large.

Des émetteurs en plus des bagues

En 2019, le Zwin a aussi prêté attention au baguage d’un certain nombre de jeunes cigognes. Le 5 juin, 13 individus ont été équipés de bagues scientifiques. Les codes de ces bagues peuvent être lus à distance avec des jumelles ou un télescope, mais les chances qu’une cigogne baguée soit observée et signalée restent assez minimes. Même si de telles observations nous apprennent beaucoup, ce ne sont que des aperçus. Avec un émetteur, un oiseau peut être suivi continûment, ce qui fournit plus d’informations sur la survie, les mouvements, et l’utilisation de l’habitat des oiseaux équipés d’émetteurs.

Les émetteurs pèsent seulement 25 grammes et utilisent l’énergie solaire (© Zwin Natuur Park)

Le 26 juin, trois jeunes cigognes de Zwin (provenant de deux nids) ont été équipées d’émetteurs pour la première fois. Ils pèsent seulement 25g, ce qui représente moins d’un pourcent du poids des oiseaux. Les émetteurs sont très durables : ils fonctionnent par énergie solaire et transmettent les données collectées par le GPS grâce au réseau GSM. Il n’y a pas à s’inquiéter du manque de réception : tout est enregistré dans la mémoire interne et communiqué quand le réseau est retrouvé. La précision est stupéfiante : la position est déterminée à quelques mètres près.

L’utilisation spatiale de l’une des jeunes cigognes équipée d’un émetteur (période du 20 au 28 juillet, l’oiseau attend sur le site de reproduction) montre une très haute résolution. (© IRSNB/Geoapp BeBIRDS)

Des cigognes dans des décharges

Avant 1990, quasiment toutes les cigognes traversaient le détroit de Gibraltar (le détroit qui sépare l’Espagne du Maroc) en automne pour passer l’hiver en Afrique de l’Ouest. Toutefois, beaucoup de choses ont changé depuis. De plus en plus de cigognes ont compris qu’elles pouvaient réduire ce voyage long et fatigant en restant en Espagne, où elles trouvent toute la nourriture dont elles ont besoin dans des décharges. Pendant l’hiver 2018-2019, jusqu’à 46 000 cigognes en hivernage ont été comptées sur la péninsule Ibérique. Cela ne représente pas moins de 20% de la population d’Europe de l’Ouest. Ces oiseaux ont aussi une plus grande chance de survie, et retournent plus rapidement sur les sites de reproduction au printemps, où ils peuvent occuper les meilleurs territoires.

Les cigognes n’ont aucun problème à avoir un émetteur sur le dos (© K. Moreau/IRSNB)

Mais… des nuages se dressent sur le ciel du paradis des cigognes en Espagne. La Directive-Cadre Européenne sur les Déchets interdit les décharges à ciel-ouvert, et la Commission Européenne a poursuivi l’Espagne à la Cour Européenne de Justice en Juin 2018, à la suite d’appels répétés pour que cette législation soit appliquée en Espagne. Les décharges espagnoles que les cigognes avaient appris à utiliser seront donc fermées d’ici peu. Cela changera fondamentalement l’état et les conditions de leurs quartiers d’hivernage. L’IRSNB et la Réserve Naturelle de Zwin cherchent donc à utiliser les émetteurs pour documenter l’impact de cette situation changeante en Espagne sur les comportements migratoires des cigognes.

Deux jeunes cigognes avec des émetteurs dans le “ Kleine Vlakte ” à l’extérieur de la Réserve Naturelle de Zwin (© K. Moreau/IRSNB)

Les résultats de la recherche peuvent être suivis sur une page spécifique du site web de la Réserve Naturelle de Zwin. Il est prévu d’équiper d’autres cigognes d’un émetteur dans les années à venir.

Comme un aéroport international pour oiseaux, la Réserve Naturelle de Zwin est un centre de connaissances et d’expertise pour les migrations aviaires. En plus de baguer les cigognes et de leur installer des transmetteurs, la Réserve Naturelle de Zwin se concentre aussi sur le baguage d’autres espèces. Du 1er août au 20 octobre 2019, le baguage aura lieu presque tous les jours, et le public pourra profiter d’un aperçu de cette activité. En Belgique, le baguage scientifique d’oiseaux est coordonné par le groupe BeBIRDS de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB).

EuroGOOS, le Système Européen d’Observation Globale de l’Océan

EuroGOOS est l’élément européen du Système d’Observation Globale de l’Océan de la Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO (IOC GOOS). Le secrétariat de l’EuroGOOS se trouve à Bruxelles, au service de 44 membres et soutenant cinq systèmes régionaux en Europe. L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB), et son Centre de Prévisions Marines en particulier, est l’un de ces membres et participe au Système Océanographique Opérationnel du plateau continental du Nord-Ouest (NOOS).

EuroGOOS identifie les priorités, met en avant la coopération et promeut les avantages de l’océanographie opérationnelle pour garantir des observations soutenues dans les mers européennes, qui soutiennent une série de produits et de services adaptés aux utilisateurs finaux marins et maritimes.

Les équipes de travail, réseaux de plateformes d’observation (groupes de travail), et les systèmes régionaux (ROOS) fournissent des forums pour la coopération, révèlent des données marines de qualité et transmettent des stratégies, priorités et standards communs. Les nombreux réseaux EuroGOOS œuvrent pour une observation européenne cohérente, durable et adaptée de l’océan, qui soutienne la perspective de la Système Européen d’Observation de l’Océan (EOOS).

L’assemblée générale de l’EuroGOOS : nouvel pertinance, nouvelle stratégie

Les 8 et 9 mai s’est tenue l’assemblée générale de l’EuroGOOS à Héraklion, accueillie par le Centre Hellénique de Recherche Marine et George Petihakis à la présidence de l’EuroGOOS. Les principaux thèmes abordés ont été la stratégie et l’intégration de l’EuroGOOS. Ont assisté à la réunion les membres de l’EuroGOOS et les chaires des activités de l’EuroGOOS (équipes de travail, groupes de travail pour l’infrastructure et les Systèmes Océanographiques Opérationnels Régionaux – ROOS).

L’assemblé a discuté l’évolution de l’organisation, et a réfléchi à la stratégie de l’EuroGOOS pour 2020-2030. La réflexion a été effectuée au cours d’une session interactive de World Café autour de quatre domaines cruciaux de stratégie : ordre des priorités, défis, partenariats, promotion et avantages nationaux. Les résultats de cette réflexion commune seront transformés en stratégie et en plan d’action, avec un premier jet préparé cet été. La conférence OceanObs’19 à venir alimentera de façon accrue la préparation de la stratégie.

L’assemblée a aussi discuté les façons d’améliorer l’intégration entre les différentes activités EuroGOOS. Les groupes de travail EuroGOOS (réseaux de technologies d’observation océanique) ainsi que les équipes de travail (pour la science, la technologie, l’intégration de données et l’océan côtier) présentent une pratique optimale et des analyses de l’état d’avancement, tandis que les Systèmes Océanographiques Opérationnels Régionaux (ROOS) de l’EuroGOOS assurent la coordination régionale. Fin 2019, l’EuroGOOS accueillera un séminaire sur l’intégration, rassemblant toutes ces activités pour réfléchir et s’accorder sur les phases d’action de la nouvelle stratégie EuroGOOS ainsi que sur le soutien nécessité de la part du bureau de l’EuroGOOS.

Glenn Nolan (Secrétaire général d’EuroGOOS), George Petihakis (Président d’EuroGOOS) et Sébastien Legrand (Centre de prévisions marines, Institut royal des Sciences naturelles de Belgique) se serrent la main sur l’accord d’accueil. © Dina Eparkhina/ EuroGOOS

Nouveaux membres, nouveaux hôtes

Durant la partie formelle de la réunion, l’assemblée a approuvé et chaleureusement accueilli les nouveaux membres dans l’EuroGOOS : SHOM (France), PLOCAN (Espagne), et NIVA (Norvège). Les représentants de ces organisations ont présenté leurs activités et contributions futures à l’EuroGOOS portant sur le développement technologique, l’intégration de l’observation, la surveillance de l’océan et la connaissance des océans. L’assemblée a aussi élu un nouveau membre au conseil de direction exécutive, Holger Brix, du Helmholtz-Zentrum Geesthacht en Allemagne. Deux membres du conseil exécutif ont quitté leurs fonctions du fait de l’achèvement de leurs mandats. L’assemblée a remercié Urmas Lips (Université de Technologie de Tallinn, Estonie), et Bernd Brugge (Agence Maritime et Hydrographique Fédérale, BSH, Allemagne) pour leur contribution au travail du conseil durant les six dernières années. A l’assemblée, le président George Petihakis a également signé l’accord d’accueil du bureau de l’EuroGOOS avec l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB) représenté par Patrick Roose et Sébastien Legrand. L’IRSNB accueillera le secrétariat de l’EuroGOOS dans ses bureaux à Bruxelles (qui accueillent aussi le Muséum des Sciences Naturelles de Belgique) à partir de fin 2019.

Texte: Dina Eparkhina (EuroGOOS), Kelle Moreau, Jeanne Zimmerman-Muller (RBINS)